Un EPN, kesako ?

Un espace public numérique offre au public, outre l’accès à Internet, un accompagnement pour découvrir et utiliser les outils et services numériques. Des activités variées et encadrées y sont proposées, par le biais d’ateliers collectifs, mais également dans le cadre de médiations individuelles et de plages réservées à la libre consultation d’internet, à la découverte des outils numériques et de la société de l’information.

Un espace public numérique (EPN) est une structure d’accueil du public, à but non lucratif, pour l’initiation à l’informatique et aux technologies de l’information et de la communication. Ce nom a d’abord été un label français, dont le terme s’est généralisé.

Le Comité interministériel pour la société de l’information en 2000 (CISI 2000) a lancé les espaces publics numériques (EPN) comme arme principale dans une lutte territoriale contre les disparités numériques. La charte des EPN, sous l’égide de la Mission interministérielle pour l’accès public à internet et au multimédia (MAPI), imposait un lieu ouvert au grand public sans recherche de profit, avec au minimum 5 ordinateurs et 1 animateur, et la mission d’aider à l’appropriation des TIC. A partir de 2002, le Label gouvernemental NetPublic a remplacé le label EPN.

Il existe différents types d’EPN correspondant à différentes chartes d’usages et issus de différents ministères ou d’initiatives régionales. En effet, après le discours de Jospin à Hourtin en 1997, les ministères ont réfléchi au développement d’espaces publics numériques, chacun lançant ses propres projets en fonction de ses compétences.

  • les Espaces Culture Multimédia sont les premiers à voir le jour, annoncé dans le PAGSI de 1998. Ils doivent favoriser la dimension culturelle et artistique de la Toile.
  • les Point Cyb, soutenus par le Ministère de la Jeunesse et des sports, principalement ouverts dans les lieux d’information que le Ministère finance localement (BIJ, PIJ, CRIJ…). Leur public privilégié est donc les jeunes, avec un travail particulier d’information et d’insertion.
  • Le Ministère de l’Emploi a lancé à travers son projet Algora, les Point d’Accès à la Téléformation (P@t), les Ateliers de Pédagogie Personnalisée (APP) et équipé les ANPE.

Les services parapublics ont été mis à contribution également :

  • la Caisse des Dépôts et de Consignations, à la demande du gouvernement, a mis en place les cyberbases, souvent créés ex-nihilo et clef-en-main, orientés vers l’accès et l’initiation, avec une approche territoriale.
  • France Télécom via sa filiale Régie T a proposé en 1998 les Espaces Multimédia dans la Ville (EMV), misant sur une dynamique locale et l’accompagnement national

Malgré les spécificités de chaque programme, la priorité reste l’accès à Internet et l’initiation, avec pour conséquence une difficulté de différenciation. En effet, souvent, par une série de manques (temps, motivation, moyens humains, moyens financiers…), les particularités de chaque programme national ont été mises en attente, favorisant les fonctions basiques.

D’autres programmes se sont mis en place, plus liés à une réalité locale. Ainsi par les premiers, le conseil régional de Bretagne a créé les Cybercommunes, regroupant 400 lieux, les Espaces Régionaux Internet Citoyen de Provence Alpes Côte d’Azur ont été lancés en 2002, le Nord-Pas-de-Calais propose ses cybercentres, et le Limousin les Points Publics Multimédia, tandis que les Pays de la Loire ont initié eux aussi des cybercentres depuis 1999, fédérés par un extranet nommé cybelis. Mais les résultats sont souvent les mêmes. Soit le réseau est dense et donc qualitativement hétérogène, soit les lieux sont encadrés strictement, mais alors ils sont souvent rares sur le territoire. Alors que les objectifs initiaux, pas toujours réalisés au final, des programmes nationaux répondent à des spécificités d’activités (emploi, initiation, culture) ou de publics (jeunes, populations de quartiers populaires), les programmes locaux touchent plus des problématiques d’aménagement égalitaire du territoire, notamment en faveur des zones rurales.

source: wikipedia